Le Plan Épargne Retraite (PER) est un produit d’épargne lancé en 2019 qui combine deux objectifs : préparer sa retraite et réduire son impôt dès aujourd’hui. Mais son avantage fiscal n’est pas automatique : il est surtout intéressant pour les contribuables déjà imposés à 30 % ou plus.
Comment fonctionne le PER ?
Vous versez une somme sur votre PER, qui est investie (fonds euros, unités de compte, etc.). Cette épargne reste bloquée jusqu’à la retraite, sauf cas de déblocage anticipé prévus par la loi : achat de la résidence principale, décès du conjoint, invalidité, surendettement, fin de droits au chômage, etc.
Au moment du départ en retraite, vous pouvez récupérer votre épargne sous forme de capital (en une ou plusieurs fois) ou de rente viagère.
L’avantage fiscal à l’entrée
Les versements volontaires sur un PER sont déductibles de votre revenu imposable, dans la limite d’un plafond annuel. Pour les salariés, ce plafond est de :
- 10 % de vos revenus professionnels nets de l’année précédente, plafonnés à 8 fois le PASS (soit environ 37 094 € pour 2024) ;
- ou un minimum de 10 % du PASS (environ 4 637 € pour 2024), si ce seuil est plus favorable.
Le plafond non utilisé d’une année est reportable sur les 3 années suivantes.
Exemple d’économie d’impôt
Anne-Sophie, salariée, a un revenu net imposable de 55 000 €. Elle verse 3 000 € sur son PER en 2024. Sa tranche marginale d’imposition est 30 %.
Son revenu imposable est ramené à 52 000 €. L’économie d’impôt est de 3 000 € × 30 % = 900 €.
Autrement dit, les 3 000 € placés ne lui coûtent réellement que 2 100 €, le reste étant financé par l’économie d’impôt.
Pourquoi le PER n’est pas toujours intéressant
L’avantage du PER dépend fortement de votre tranche marginale au moment du versement et au moment de la sortie :
- Si vous êtes dans la tranche à 0 % (non imposable), la déduction à l’entrée ne vous rapporte rien. Le PER devient peu attractif.
- Si vous êtes dans la tranche à 11 %, l’avantage fiscal est modeste (110 € pour 1 000 € versés) et peut être annulé par la fiscalité à la sortie.
- Si vous êtes dans les tranches à 30 %, 41 % ou 45 %, l’avantage devient significatif et justifie de bloquer l’épargne.
À la sortie, le capital récupéré est imposé au barème progressif. Si vous êtes dans une tranche plus basse à la retraite qu’en activité, vous gagnez à la fois à l’entrée et à la sortie.
Faut-il ouvrir un PER quand on a des revenus modestes ?
Si votre tranche est à 0 % ou 11 %, le PER n’est généralement pas le bon outil. Mieux vaut privilégier :
- Le Livret A ou le LDDS, défiscalisés et totalement liquides.
- Le LEP (Livret d’Épargne Populaire) pour les foyers modestes, avec un taux boosté.
- L’assurance-vie, plus souple en termes de disponibilité.
Il est aussi possible d’ouvrir un PER sans demander la déduction à l’entrée : dans ce cas, le capital à la sortie est moins taxé. Cette option est pertinente pour les non-imposables.
Les frais à surveiller
Les PER supportent souvent des frais d’entrée (jusqu’à 5 %) et des frais de gestion annuels. Un PER chez un courtier en ligne peut être plusieurs fois moins cher qu’un PER bancaire classique. Avant de signer, comparez les frais : ils peuvent annuler l’avantage fiscal sur la durée.
En résumé
Le PER est un outil puissant pour les contribuables déjà imposés à 30 % ou plus, qui y trouvent une économie d’impôt immédiate. Pour les revenus modestes, l’intérêt fiscal est limité et l’épargne bloquée rend le produit moins souple que d’autres alternatives. Avant de verser, simulez l’impact réel selon votre tranche.
👉 Utilisez notre simulateur pour comparer votre impôt avec et sans versement PER.