L’auto-entrepreneur (ou micro-entrepreneur) est soumis à une fiscalité simplifiée. Plutôt que de déduire ses charges réelles, il bénéficie d’un abattement forfaitaire automatique. Il peut aussi choisir un versement libératoire qui permet de payer l’impôt en même temps que les cotisations sociales. Voici comment s’y retrouver.
Le principe du régime micro
L’auto-entrepreneur déclare son chiffre d’affaires annuel (et non son bénéfice). L’administration applique ensuite un abattement forfaitaire représentatif des charges professionnelles, puis le montant restant est ajouté aux autres revenus du foyer et soumis au barème progressif.
Trois taux d’abattement s’appliquent selon l’activité :
- 71 % pour les activités d’achat-revente et de fourniture de logement (hors location meublée de tourisme non classée) ;
- 50 % pour les autres prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) ;
- 34 % pour les professions libérales non réglementées (BNC).
Les seuils du régime micro en 2025
Le régime micro s’applique tant que le chiffre d’affaires annuel ne dépasse pas :
- 188 700 € pour les activités d’achat-revente et d’hébergement ;
- 77 700 € pour les prestations de services et les professions libérales.
Au-delà sur deux années consécutives, l’auto-entrepreneur bascule automatiquement au régime réel.
Exemple de calcul
Julien exerce comme graphiste freelance (BNC). Son chiffre d’affaires 2024 est de 30 000 €. Il est également salarié à temps partiel et gagne 14 000 € nets imposables.
- Revenu BNC après abattement de 34 % : 30 000 × 0,66 = 19 800 €.
- Revenus salariés après abattement de 10 % : 14 000 × 0,90 = 12 600 €.
- Revenu imposable total : 19 800 + 12 600 = 32 400 €.
Julien est célibataire (1 part). L’impôt sur 32 400 € se calcule selon le barème progressif et s’élève à environ 2 581 €.
Le versement libératoire : option simplifiée
L’auto-entrepreneur peut opter pour le versement libératoire de l’impôt sur le revenu. Il paie alors un pourcentage fixe de son chiffre d’affaires en même temps que ses cotisations sociales (mensuelles ou trimestrielles). Les taux sont :
- 1 % pour l’achat-revente ;
- 1,7 % pour les prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) ;
- 2,2 % pour les professions libérales (BNC).
Cette option est accessible uniquement si le revenu fiscal de référence du foyer de l’année N-2 ne dépasse pas un certain plafond (environ 27 478 € par part pour 2024).
Versement libératoire : avantageux ou non ?
Le versement libératoire est intéressant si votre tranche marginale d’imposition au barème est supérieure au taux forfaitaire. Par exemple, pour un prestataire BNC dans la tranche à 30 %, payer 2,2 % du chiffre d’affaires plutôt que 30 % du revenu après abattement de 34 % est nettement favorable.
À l’inverse, si vous êtes non imposable ou dans la tranche à 11 %, le versement libératoire peut vous faire payer un impôt que vous n’auriez pas eu à verser, ou presque. Dans ce cas, mieux vaut rester au régime classique.
Comment déclarer son activité ?
Le chiffre d’affaires s’indique sur le formulaire 2042-C-PRO, à joindre à la déclaration principale. Les cases varient selon la nature de l’activité et l’option retenue (micro classique ou versement libératoire).
Même sous versement libératoire, l’auto-entrepreneur doit continuer à déclarer son chiffre d’affaires pour permettre le calcul du revenu fiscal de référence, utilisé pour les aides sociales et autres dispositifs.
En résumé
L’auto-entrepreneur bénéficie d’un régime fiscal allégé, mais les choix à faire (versement libératoire, déclaration couplée avec un salaire, etc.) peuvent changer sensiblement son impôt final. Simuler les deux options avant le 30 septembre (date limite pour opter pour le versement libératoire de l’année suivante) est vivement recommandé.
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